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Insuffler le changement à l’international
21 DÉCEMBRE 2016 - Dans le cadre du programme Éducation pour l’Emploi, au Pérou, le Cégep instaure depuis deux ans les bases d’une petite révolution locale en termes d’éducation et de formation.

Sur place, Édouard-Montpetit réalise un projet novateur visant l’actualisation de l’offre de formation professionnelle en production agricole et animale, avec une perspective durable et écologique. Amorcé au printemps 2015 et orchestré par Collèges et instituts Canada (CiCan), ce projet se fait avec l’Institut technologique de l'enseignement supérieur public Fe y Alegria La Libertad-CEFOP (Centro Experimental de Formación Profesional), plus particulièrement avec le campus de la ville de Virú, en partenariat avec le cégep Saint-Jean-sur-Richelieu.

En plus de revoir les programmes de formation selon l’approche par compétences, le projet permettra d’offrir une formation adaptée à la diversité des marchés de l’emploi de la région, en introduisant un modèle de gestion plus décentralisé et davantage animé par l’esprit d’entrepreneuriat et le développement durable.Les nouvelles formations déployées dès 2017 visent aussi à intégrer davantage de jeunes de familles défavorisées, notamment de filles, pour améliorer leur accès à l’emploi. 

Apprendre du Québec

En juin 2016, après plusieurs missions faites au Pérou, le Cégep a accueilli les représentants du CEFOP venus explorer et mieux comprendre le modèle d’éducation québécois. Ainsi, Alcides Cairampoma Malpica, co-directeur de l’établissement Fe y Alegria, Mónica Rubiños, directrice des études et Erick Moreno, responsable de la recherche, du développement et de l’innovation, ont passé deux semaines au Québec pour se pencher sur les aspects qu’ils souhaitent implanter avec le CEFOP.

Si l’inspiration ne manque pas, adapter les bonnes pratiques vues au Québec n’est pas une mince affaire. «Pour l’instant le contexte est favorable au pays grâce à une nouvelle loi qui favorise les instituts technologiques supérieurs et revalorise l’éducation supérieure, explique Mme Rubiños, mais dans la pratique, il y aura plus de défis, et c’est pourquoi on vient s’inspirer des cégeps et du Québec.» 

Une multitude d’expertises d’Édouard-Montpetit mises à profit

Pour aider son partenaire péruvien à atteindre ses multiples objectifs, le Cégep s’est tourné vers les membres de son personnel pour rassembler une équipe aux expertises variées et complémentaires. En mission au Pérou ou localement, lors des visites des représentants péruviens, plusieurs employés se sont joints au projet, en collaboration avec Pascale Bernier, gestionnaire de projets au Service de développement international.

Parmi les projets envisagés, le CEFOP souhaite mettre sur pied une certification comparable à la certification « Cégep Vert du Québec», qui encourage les efforts visant à instaurer une culture environnementale, pour l’instant inexistante au Pérou. «En agriculture, ajoute M. Moreno, nous avons la possibilité de convertir nos résidus pour qu’ils ne soient pas vus comme des déchets. Dans votre cégep, il n’y a pas une personne qui ne sache pas ce qu’est le compost». L’implication de la technicienne en environnement, Maya de Cardenas, a permis de faire connaître l’expérience québécoise, plus particulièrement celle d’Édouard-Montpetit, en terme de gestion des matières résiduelles pour réfléchir et planifier l’implantation d’un tel modèle au Pérou.

Bénéficiant d’une grande notoriété dans son pays, l’Institut propose aussi de développer un Centre de transfert technologique (CTT), une innovation audacieuse qui ferait du CEFOP un pionnier puisqu’au Pérou, la recherche et le développement ne sont habituellement pas reliés à la formation technique. Pour y arriver, il doit convaincre les instances gouvernementales péruviennes. Ainsi, Valérie Damourette, conseillère en recherches à Édouard-Montpetit et Pascal Désilets, directeur du Centre technologique en aérospatial (CTA) ont développé des outils expliquant le rôle et le fonctionnement d’un CTT et la façon dont il peut être implanté par l’équipe du CEFOP. Déjà, le projet contribue à valoriser la formation professionnelle et technique, mais l’implantation d’un CTT mettrait encore plus en lumière les formations de l’Institut.

Si elles font boule de neige, ces initiatives pourraient s’étendre au niveau national et changer de façon significative le portrait et le rôle des instituts de formation techniques au pays. M. Cairampoma Malpica y croit dur comme fer : «Nous devons avoir une ouverture face à l’innovation pour continuer d’évoluer si on veut perdurer. Au-delà du CEFOP, vos pratiques nous inspirent pour créer un centre d’éducation technologique qui servira de modèle à l’ensemble du pays.»

Nathalie Malo, professeure d’Économie et Frédéric Busseau, conseiller en communication, se sont rendus sur place respectivement en juin et septembre 2016. Nathalie a donné son appui au développement de plans-cadres et de plans de cours lié à la gestion entrepreneuriale. Quant à Frédéric, il a mis sur pieds différents plans de communication, outils et stratégies de recrutement pour promouvoir les programmes et attirer les jeunes de familles à faible revenu vers les métiers de l’agriculture, souvent boudés par les générations antérieures. Déjà, des activités de promotion telles qu’Étudiant d’un jour et des Portes ouvertes verront prochainement le jour au Pérou.

À tout cela s’ajoute un partage de bonnes pratiques en matière d’orientation professionnelle, notamment, les programmes de mentorat, lors de séances de formation en ligne entre une conseillère d’orientation d’Édouard-Montpetit, Josianne Grenier-Genest, et des représentants du Ministère du travail du Pérou.

Récolter le fruit de son travail

Les nombreuses implications du Cégep au sein du projet EPE ont des impacts non seulement au Pérou, mais aussi au sein même de l’établissement collégial. Que ce soit en classe ou dans le cadre du travail de recherche, tous les participants s’entendent pour dire que l’expérience est bénéfique et qu’elle ajoute et transforme leur pratique. Même en faisant de «l’international à domicile», ils se questionnent sur leur propre façon de faire et forcément, ils la voient d’un autre œil. Un véritable échange avec le partenaire péruvien, où chacun apporte et apprend quelque chose.

S’il faut avoir une bonne capacité d’adaptation et aimer sortir des sentiers battus, peu importe leur secteur d’emploi, les participants d’Édouard-Montpetit se disent choyés d’avoir eu cette opportunité, incomparable sur le plan humain. Reste à espérer que le projet amorcé à Viru sème un vent de changement au Pérou et que ses initiatives fassent éclore d’autres projets tout aussi novateurs.

 

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